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Loup(s) Solitaire(s)

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Messages : 3
Date d'inscription : 27/05/2017
Sam 2 Sep - 3:32
Assis à l’écart, siégeait un bien curieux énergumène. L’homme n’avait soufflé mot depuis son arrivée. Il ne se languissait de rien ni de personne, pas plus qu’il ne promenait son regard éteint. Il avait les traits figés, mornes, inexpressifs. Il émanait ceci dit de sa triste figure, dont la pâleur naturelle n’avait d’égale que l’absence de lueur à ses prunelles à la terne dorure, une fragrance de mystère. Ce bellâtre ténébreux avait fière allure en son bel ensemble l’affublant d’une sobre noblesse, en plus d’intimer la modestie, ou tout du moins la petite bourgeoisie. Puisqu’il semblait bien inconcevable qu’un vrai seigneur désire se mêler aux petites gens, et il n’avait rien à envier à ces esprits mondains. D’ailleurs, il n’en transpirait ni l’arrogance ni les traits grossiers. Quoiqu’il portait de belles lames peu discrètes, le bel habit et l’air du nanti.  Et il ne savourait guère sa maigre collation, des mets induisant presque à la misère financière. De quoi faire pitié.

A vrai dire, ce pauvre bougre sans vigueur laissait bien mitigé le brave tavernier qui l’observait parfois, presque inquiet de son devenir, sans même songer à une sombre nature. Il lui semblait si las, comme saigné par l’ennui des vacuités de la haute société ou des affaires qui lui pesaient, voire même par sa propre déchéance sociale. Nul n’ignorait plus les pertes du petit peuple comme des grosses fortunes, englouties par les exactions et ravages du destructeur. L’aimable tenancier pouvait se targuer de ne pas figurer parmi les sinistrés, l’économie de son commerce se portant à merveille. Aussi demeurait-il ravi qu’un tel homme, si charmant et paisible ait daigné faire halte en son modeste établissement, il l’aurait même accueilli sans le sou. Le colosse funèbre n’admirait du reste nulle demoiselle, pas même la plus délectable ou désirable. Certes il n’y avait pas de jouvencelle sensuelle, mais la salle bondée présentait bien quelques jeunes filles et femmes plaisantes. Quel homme étrange.

L’ivresse et les plaisirs simples étant les meilleurs remèdes qu’il connaissait au malaise national. Mais peut-être les préférait-ils sophistiqués et raffinés, se mandait ce pauvre gérant un peu rêveur, bien intrigué par ce curieux énergumène qui n’avait pas plus d’appétit que de désir. L’homme ignorait alors que l’exilé n’avait que faire de ces bagatelles. Une autre amertume le tenaillait, autrement plus subtile que tout ce qu’on pouvait bien s’imaginer. Et ce géant d’inconnu n’en laissait pas indifférentes quelques unes, quand bien même il n’y accordait nul crédit. L’ambiance lui était peut-être trop conviviale pour s’y adonner, songeait le vieux tavernier. Le bellâtre plongé au mutisme ne lui semblait également guère du genre à courir les follieuses et autres ribaudes, ces vilaines charognardes aux charmes terribles qui sévissaient en d’autres quartiers et cités. L’éventualité d’une chère et tendre arrachée à sa personne le traversait, cette triste mine pouvait bien en découler.

Mais ce brave homme se fourvoyait d’aventure. Le baron noir  trouvait bien pénible le silence régnant, la sérénité de la multitude, la monotonie du paysage que rien ne venait déchirer. Il en espérait presque la venue d’un personnage tranchant diablement avec ces figures insipides. L’ennui  était son grand adversaire, son ennemi de toujours. Lui qui l’enserrait de ronces lui lacérant le cœur et lui saignant l’âme, il était dont bien dépité, écœuré de cette ambiance trop paisible que rien ne bousculait. Si bien qu’il tendait à achever son repas, afin de s’en retourner au dehors, là où il trouverait bien de quoi se distraire. A moins qu’on pénètre la bâtisse et ne le délivre de sa lassitude grandissante. Et il regrettait presque d’avoir dénigré quelque établissement à demi insalubre et mal famé, où il aurait tôt fait d’apprécier le chaos d’une bataille d’ivrognes ou autres gredins. Du reste, il manquait-là de savourer la douce pénombre qui le baignait un brin, l’isolant un peu plus des masses radieuses et mielleuses. Il siégeait dont seul à cette table, à l’écart.
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Messages : 2
Date d'inscription : 06/05/2017
Ven 15 Déc - 22:46
Nous pouvons aimer errer dans la plus grande des solitudes, mais il y a des moments où nous sommes obligé de faire face à la réalité et à l'environnement qui nous entoure. Lilith n'aimait guère devoir fréquenter des tavernes remplis d'énergumènes tous aussi ivres les uns que les autres. Elle était consciente de son apparence plus qu'attirantes qui ferait languir n'importe quel homme bien qu'elle n'ait jamais pu voir a quoi elle ressemblais physiquement.

Quoi qu'il en soit, elle se retrouvais donc à pénétrer dans ce qu'elle qualifierais comme "Temple de la débauche", une halte lui était indispensable après avoir passé beaucoup de temps en dehors de la civilisation. Elle avança donc pas à pas jusqu'au comptoir où elle s'installa avant de passer commande auprès du tavernier avant de sortir son épée et de la planter brusquement au sol, le but ici était surtout de dissuader les différentes personnes de venir lui adresser la parole. Refaire le portrait de certaines personnes trop insistantes ne lui pose pas de problèmes après tout.

Elle commanda seulement de quoi manger, aucune boisson alcoolisée ou autre, ne pratiquant pas la technique du faucon ivre, boire ce type de breuvage ne ferait que diminuer ses capacités et donc, de ne pas lui laisser faire. Rien de bien intriguant en somme, jusqu'au moment où une série d'écritures étranges se mirent à faire leur apparition, une simple rune afin que seule la nourriture qu'elle ait commandée puisse approcher d'elle. La demoiselle était très distante et très méfiante a propos des mets qui lui sont proposés, un empoisonnement ou une très mauvaise blague arrivent très rapidement.
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Messages : 3
Date d'inscription : 27/05/2017
Lun 25 Déc - 17:39
Voilà qu’on lui dédiait délivrance en venant exhausser de bien molles espérances. La cécité de cette illustre inconnue n’entachait ni n’éludait sa superbe, le phénomène lui octroyait d’ailleurs une touche d’originalité bien singulière et amusante. Si bien qu’elle captivait l’attention discrète et effacée de ce maraud baignant dans les ténèbres de la salle. Ses prunelles vitreuses recelaient presque une lueur d’admiration, à défaut d’un attrait certain pour cette demoiselle à la sensualité admirablement mariée à une élégance et une classe sans pareille. D’autant que son attitude indomptable et cette belle lame dont-on n’admirait guère les fioritures d’un travail d’orfèvre, finissait d’attiser sa curiosité. La louve acariâtre était-elle une bretteuse susceptible de lui éveiller quelque ardeur au détour d’un ballet des lames ? S’il n’avait que faire de ces chairs exquises que la multitude fixait avec crainte et envie, l’homme infâme caressait-là l’occasion d’un duel mémorable, dantesque.

Cette sublime créature ne lui évoquait guère la superficialité des autres femelles grouillant par le monde, surtout chez les esprits mondains qu’il n’avait eu de cesse de dénigrer en sa jeunesse. Il émanait d’elle une sorte d’aura sauvage et envoûtante que même le colosse aigri et las devait bien admettre, sans toutefois y succomber hélas. Comme s’il ne décelait chez elle qu’un potentiel adversaire, un défit destiné à le satisfaire. Mais il n’allait pas s’en plaindre et encore moins y songer, ni même blâmer la fougueuse et brutale jouvencelle de lui raviver le souvenir d’une poignée de guerrières féroces et plaisantes. Et son regard ne devait paraitre si insistant ou malsain, face à l’admiration commune, mêlée de mépris et d’envie, que lui dédiait l’assemblée silencieuse. Un mutisme pesant planait depuis la prestation macabre de cette étrangère ironiquement méconnaissable. Un seul hominidé savourait le phénomène, de même que la tension des pulsions violentes devait agacer sa proie.

Pour l’heure il ne lui servait de rien de s’élancer à son chevet afin de la provoquer courtoisement. Le baron noir préférait bien patienter quelques instants encore. Sa maigre collation lui semblait soudainement plus appétissante, puisqu’il s’imaginait déjà assister à une scène navrante. Ce grand coquin sournois fabulait alors à ce qu’un sombre gredin, bien téméraire ou tout juste inconscient, s’essaye à gagner la belle avant de la séduire. L’attrait charnel qu’elle émanait aurait tôt fait d’enlever ces sots à ses abords si pernicieux, et le maraud s’en délecterait en sa pénombre plaisante. En l’attente de quoi il éventrait l’orageuse atmosphère, mandant nouveau service en son écuelle, le festin n’étant à son sens qu’un prétexte à se faire remarquer mais également une raison à demeurer à l’écart, en sa douce  pénombre, afin de mieux assister au théâtre de la discorde. Là où il voyait déjà quelque exaction macabre dépouiller ces imbéciles consumés par leurs bas instincts.

Spoiler:
 
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